Si vous n'avez pas de menu à la gauche de votre écran, cliquez ICI
      Tous les documents visibles sur ce site sont protégés par le copyright, et ne peuvent donner lieu qu'à un usage strictement personnel. Merci de ne pas les copier ni les imprimer pour les distribuer à quiconque. Vous pouvez en revanche citer les éléments originaux contenus dans ce site en suivant le protocole de citation.

     Dernière mise à jour:
    10 juillet 2007



    COSTUMES

  • La Fantaisie du ballet de cour
    — Entrées d'un grand ballet de cour dansé sous Louis XIII: Ballet du Grand Bal de la Douairière de Billebahaut (Louvre, 1626). «Entrée des Esperlucattes» [ image ] Détail [ image ] «Entrée des Hocricanes et des Hofnaques» [ image ] Dessins à la plume (encre) rehaussés de gouache de Daniel Rabel. Paris, Bibliothèque-Musée de l'Opéra.
    — Costume de violoniste [ image ] et de divers personnages burlesques [ image] pour le Ballet du roi des fêtes de Bacchus (Palais Royal, 1651). Aquarelles de François Chauveau. Paris, BNF.
    — Le Jeu, costume allégorique porté par le roi au Ballet royal de la Nuit (23 février 1653, Petit-Bourbon) [ image ]. Paris, BNF.
    Très présente dans le ballet de cour, la tradition des costumes «métonymiques» qui représentent une abstraction ou une activité, fut ensuite magistralement illustrée dans une série de gravures de Nicolas II de Larmessin (1638 - 1694), d'abord publiées dans le recueil Costumes grotesques. Habits des Métiers et Professions (1695), puis déclinées dans diverses versions coloriées.
    — Trois versions de l'«Habit de jardinier». [ image ] [ image ] [ image ].
    On peut faire remonter cette pratique du portrait composé au peintre maniériste italien Giuseppe Arcimboldo (1527–1593)—voir par exemple son bibliothécaire [ image ]
  • Le Roi danse
    Ballet royal de la nuit
    (23 février 1653, Petit-Bourbon). Sur un texte de Benserade, ce ballet délaisse le mode burlesque et fantaisiste pour une féérie à forte connotation politique: il met en scène l'harmonie cosmique qui s'établit autour du soleil—rôle dansé par le jeune roi, qui assumait ainsi symboliquement le pouvoir qui lui avait été disputé lors de la fronde.
    Projets de costumes de Henri Gissey.
    Dessins à la plume (encre) rehaussés de gouache. (costume porté par Louis XIV - costume porté par Lully) Paris, BNF.
    1. La Nuit [image]
    2. Heure, ou première veille* [ image ]
    3. Gueux [ image ]
    4. Ardent * [ image ]
    5. Aventurier ** [ image ]
    6. Estropié**[ image ]
    7. Sosie ** [ image ]
    8. Le jeu * [ image ]
    9. Le Soleil levant [ image ]
    — Le jeune Louis XIV en costume d'Apollon pour un ballet [image]. Projets de costumes de Henri Gissey. Dessinà la plume (encre) rehaussés de gouache. Londres, Royal Collection.
    — Le jeune Louis XIV (incarné par Benoît Magimel) en costume du soleil pour un ballet [image]. Image du film Le Roi danse de Gérard Corbiau (2000).
    En 1583 fut représenté au collège de Tournon un Épithalame pudique à quatorze personnages dont le texte était d'Honoré d'Urfé. Selon les Anecdotes dramatiques de Laporte et Chamfort (Supplément, T. 2, p. 367): «L'Acteur qui représentoit Apollon (...) avoit une grande robe de taffetas cramoisi orange, garnie d'argent, un mantelet d'argent, flottant sur ses épaules, une perruque, un visage doré, & un soleil rayonnant autour de la tête.»

    Ballet royal des Noces de Pélée et de Thétis (26 janvier 1654, Petit-Bourbon). Projets de costumes de Henri Gissey. Dessins à la plume (encre) rehaussés de gouache.
    1. Un magicien [ image ] Paris, Musée Carnavalet
    2. Le Fleuve Onochone [ image ] Paris, Bibliothèque Nationale, Fonds Rothschild
    3. Hercule [ image] Paris, Bibliothèque Nationale, Fonds Rothschild
    4. Furie [image] Paris, Musée Carnavalet
    5. Un Académiste de Chiron [image]
  • Les Précieuses ridicules (1659) Madeleine Béjart dans le rôle de Magdelon [ image ] et Molière dans celui de Mascarille [ image] Peinture sur marbre. Paris, Comédie Française. Dans cette comédie de mœurs, les comédiens portent des habits de ville.
  • Le costume «à l'antique» ou «à la romaine»
    Molière en habit de tragédien
    pour La Mort de Pompée de Corneille. Tableau de Pierre Mignard (1641) [ image] Paris, Musée Carnavalet
    Baron
    dans le rôle-titre de Cinna de Corneille [ image ]
    «Les merveilleux progrès du premier voyage du Roy en Holande» Gravure de Jean Colin, vers 1672 [ image ] Paris, BNF
  • Projets de costumes de Jean Berain (1640-1711) et se son atelier pour l'Académie Royale de Musique (1673-1711). Dessins à la plume et gouache, rehauts d'or, annotations à la plume. Paris, Musée du Louvre, coll. Rothschild et Stockholm, Nationalmuseum
    Alceste (Quinault et Lully, 1674): Berger [ image ]
    Atys
    (Quinault et Lully, 1676); La déesse Cybèle [ image] Le fleuve Sangar [ image ] Le Sommeil [ image ]
    Isis (Quinault et Lully, 1677); Érinnis [ image ] Jupiter [ image ] Pan [ image ] «Trembleur» - membre du «Peuple des climats glacés» [ image ]
    — Un sacrificateur [ image ] dans Bellérophon de Thomas Corneille et Lully (1679)
    Proserpine
    (1681); Pluton [ image ]
    — Projets de costumes (nymphe et héros) pour Armide de Quinault et Lully (1686). Paris, BNF. [ image ] La juxtaposition de ces deux esquisses montre qu'elles ont été tracées sur un même gabarit; seuls quelques détails et les accessoires distinguent les personnages.

  • Antoine Watteau peintre du théâtre
    L'Amour au Théâtre-Français
    (1718) [ image ] huile sur toile, 37 x 48 cm. Berlin, Staatlische Museen.
    Comédiens français. Au premier plan, scène tragique: Andromaque supplie Pyrrhus (Andromaque, de Racine); au second plan, un acteur comique, vraissemblablement Paul Poisson en costume de Crispin. (1720) [ image ] huile sur toile, 57,2 x 73 cm. New York, Metropolitan Museum.
  • Magiciens («rôles à baguette») et êtres surnaturels
    Le magicien Amisodar [ image ] et une sorcière [ image ] dans Bellérophon de Thomas Corneille et Lully (1679).
    Projets de costumes de Berain.
    Les êtres maléfiques portent souvent des costumes où figurent des sortes de petits mascarons sur certaines parties du corps; c'est manifestement un emprunt à l'iconographie démonologique du Moyen-Âge et de la Renaissance, comme par exemple sur la représentation du célèbre «monstre de Cracovie» figurant dans les Histoires extraordinaires de Boestuau.
    Le Mystère [ image ] Détail [ image ] dans le ballet du Triomphe de l'Amour (Quinault, Bensserade et Lully, 1681).
    Projet de costume de Berain.
    — projet de costume de Médée pour Médée et Jason de Salomon, probablement pour la reprise de 1749 [ image ] Détail de l'ornementation de la robe [ image ]. Gravure de René Gaillard d'après Jean-Baptiste Martin, entre 1748 et 1757. Paris, Arsenal. Les chauves-souris et les signes cabalistiques brodés sur la robe indiquent le caractère démoniaque du personnage.
  • Costumes rustiques, ou costumes d'apparat?
    — François Boucher, La Marquise de Pompadour (détail) (1756). Huile sur toile, 201 x 159 cm. München, Alte Pinakothek. [ image ] Elle porte une «robe à la française», toilette d'après-midi des femmes de la haute société. Au XVIIIe siècle à l'Opéra, les actrices et les danseuses—quel que soit le rôle—portaient des costumes manifestement inspirés de cette mode, .
    — Nicolas Lancret (1690-1743). Portrait de la Camargo Dansant (1730). [ image ] Huile sur toile, 42 x 55 cm. London, Wallace Collection.
    Projet de costume pour Maria Sallé par Louis-René Boquet, entre 1759 et 1790 [ image ] Paris, Bibliothèque-Musée de l’Opéra.
    — Projet de costume de «paysanne galante» [ image ] Gravure aquarellée de Jean-Baptiste Martin, entre 1748 et 1757. Paris, BNF.
    — Projets de costumes de «paysan galant» et «paysanne galante» [ image ] [ image ] Gravures aquarellées de Jean-Baptiste Martin, entre 1748 et 1757. Paris, Arsenal. C'est ici manifestement le côté «galant» qui domine dans ces costumes somptueux où la ruralité ne subsiste que sous la forme de signe à travers des détails vestimentaires ou des accessoires (bouquets, chapeaux)
    — Projet de costume de «femme sauvage» pour l'Académie Royale de Musique [ image ] Dessin aquarellé de Louis-René Boquet, entre 1759 et 1790. Paris, Bibliothèque-Musée de l’Opéra. Le ballet de cour du premier XVIIe siècle connaissait déjà ces personnages d'«homme des bois» ou «sauvage» (et leurs équivalents féminins); cette maquette prouve qu'ils n'avaient pas disparu de la scène quelque cent-cinquante ans plus tard.
  • Les signes de la Folie
    La folie et le personnage du fou reviennent souvent dans le ballet de cour, l'opéra et la comédie.
    — Image traditionnelle du fou avec son bonnet à grelots et sa marotte [ image ] Gravure sur bois tirée de La Nef des fous (Stultifera Navis) de Sebastian Brandt (XVe siècle)
    «Habit de Microton berger extravagant des bamboches» pour le spectacle de marionnettes de Normandin de la Grille, Les Amours de Microton, ou les Charmes d'Orcan (1676) [ image ] Gravure de Jean Dolivar, d'après Berain.
    — Danseur ou danseuse en costume de Folie. [ image ] Dessin au crayon de Jean Berain (vers 1685). Paris, BNF.
    — Claude Ballon (1676 - 1739) en costume de fou, peut-être dans le ballet dansé aux intermèdes des Folies de Cardenio de Coypel, musique de Delalande (Tuileries, 1720) [ image ]. Gravure coloriée, imitée d'un original de Le Pautre, d'après Berain.
  • Une tradition iconographique: Médée
    Les costumes sont souvent conçus en référence à une tradition visuelle connue du public: c'est un exemple de vraisemblable où le «réalisme» ne joue aucun rôle, non plus que l'imagination créative du décorateur. L'originalité, si on lui accorde une place, se limite donc aux détails de l'interprétation d'un modèle. Celui de la magicienne Médée est particulièrement remarquable par sa pérennité, puisqu'on en trouve des représentations iconographiques dès l'antiquité—images que les artistes français des XVIIe-XVIIIe siècles ne pouvaient évidemment connaître (s'ils les connaissaient) que de manière indirecte. Pourtant, on observe une continuité indéniable dans la représentation de ce personnage et de ses attributs, le char tiré par des dragons volants et l'indispensable baguette (voir ci-dessus).
    — Médée. Vase grec antique. [ image]
    — Frontispice pour Médée (1639) de Pierre Corneille, gravé par François Chauveau (Paris, Courbé, 1666) [ image ]
    Médée dans Thésée de Quinault et Lully (1675), V, 6. Projet de costume et de machine de l'atelier de Jean Berain [ image] Paris, Bibliothèque Nationale, Fonds Rothschild
    — «La Tragédie», l'une des vignette de la série Les Sciences et les Arts de François Boucher, allégories dont les personnages sont tous des enfants [ image ] Série de huit panneaux (huile sur toile) de deux vignettes chacun (Vers 1750-1752), sans doute installés dans un salon octogonal du château de Crécy, appartenant à Mme de Pompadour. New York, The Frick Collection.
    Mlle Clairon en Médée de Charles-André (Carle) Vanloo (1760). La célèbre comédienne avait elle-même choisi de se faire portraiturer dans le rôle-titre de Médée de Longepierre (créée en 1694).
    [ image ] Huile sur toile, 79 x 59 cm. Potsdam, Neue Palais.
  • L'exotisme: d'un Chinois l'autre
    L'exotisme resta une composante essentielle du ballet de cour, du carrousel, de l'opéra. Seule changeait la prédilection pour un lieu (ou un peuple) particulier: aux Indiens d'Amérique, grands favoris de la fin du XVIe siècle jusqu'au milieu du XVIIe, succédèrent les Chinois, les Aborigènes du Pacifique, les Persans, au gré des explorations et des relations de voyages publiées en France. Au-delà d'une évidente continuité dans la représentation, chaque époque produisit sa propre variation qui se voulait toujours plus «authentique», tout en évitant d'aller à l'encontre de l'image déjà établie des peuples mis en scène.
    Projet de costume de Chinois pour le carnaval (1685?) Croquis annoté de Jean Berain [ image ]
    Projet de costume de Chinois porté par le duc de Bourgogne lors des mascarades à la cour (carnaval 1700). Dessin de Jean Mariette d’après Jean Berain. Paris, BNF. [ image ]
    Projet de costume de Chinois pour Carnaval de Venise de Regnard et Campra (1699). image ]
    — projet de costume de Chinois pour l'Académie Royale de Musique, peut-être pour Issé de Houdar de la Motte et Cardinal Destouches (1697) [ image ] Dessin aquarellé de Jean II Berain.
    — projet de costume de Chinois pour l'Académie Royale de Musique [ image ] Gravure d'après Jean-Baptiste Martin, entre 1748 et 1757.
    — projet de costume de Chinois pour l'Académie Royale de Musique, peut-être pour Les Paladins de Monticourt et Rameau (1760) [ image ] Dessin aquarellé de Louis-René Boquet. Paris, Bibliothèque-Musée de l’Opéra.
    — projet de costume du Chinois Zamti pour l'Orphelin de la Chine de Voltaire. image ] Estampe coloriée de Aaron Martinet. Paris, BNF, galerie théâtrale Hautecoeur-Martinet (1796-1843).
    — Paul Lormier (1812-1895; 32-87) Projets de costumes d’Indien peau-rouge pour le ballet-pantomime Les Mohicans de Nicola Guerra et Adolphe Adam (1837) et de Chinois pour La Chatte métamorphosée en femme de Jean Coralli et Alexandre Montfort (1837). [ image ] Paris, Bibliothèque-Musée de l’Opéra.